Article Le Télégramme Publié le 07 août 2013

Nous sommes en 1894. Sarah Bernhardt, qui a 50 ans, est au sommet de sa gloire. Elle découvre Belle-Ile-en-Mer en compagnie de son ami, le peintre Georges Clairin. C'est le coup de foudre. Se promenant sur la pointe des Poulains, elle voit un fortin à vendre. L'affaire sera conclue dans les heures qui suivront. Plus tard elle écrira : « Belle-Ile est une perle précieuse, une émeraude délicate, un diamant rare irisé par les reflets bleus du ciel et de la mer mêlés. J'aime infiniment cette île ». En 1896, elle y passe son premier été. La Divine ou la Scandaleuse, comme on la surnomme, est très entourée. Très vite, l'ouvrage défensif, qui a été entièrement restauré, s'avère bien trop exigu pour recevoir ses nombreux invités. Sarah Bernhart fait alors construire deux grandes maisons : la villa Lysiane (du nom de sa petite-fille) et les Cinq parties du monde, en souvenir des tournées internationales qui l'ont menée du continent américain aux îles du Pacifique.

 

« Je me repose en me fatigant »

À Belle-Ile, les journées de la tragédienne sont particulièrement bien remplies. « Je me repose en me fatiguant », expliquait-elle à ses amis. Chasse, pêche à la crevette en robe blanche, longues promenades. Le rythme est soutenu. « La dame blanche » ou « la dame de Penhoët », comme l'appelaient les habitants, est très sensible à la vie des îliens. L'hiver 1911 est marqué par une succession de très violentes tempêtes qui empêchent les pêcheurs de prendre la mer. Certaines familles sont dans le désarroi. Pour leur venir en aide, Sarah Bernhart organisera, à Paris, avec des amis artistes, une matinée de gala. Les bénéfices de ce spectacle seront intégralement reversés aux insulaires et serviront aussi à financer la construction d'une boulangerie coopérative.

 

Fidèle reconstitution

Pendant de longues années, le fort et les dépendances ont été laissés à l'abandon par les propriétaires successifs. En 2000, le domaine a été acquis par le Conservatoire du littoral qui y a engagé des travaux de restauration. Depuis 2006, la communauté de communes y gère un espace muséographique consacré à la vie insulaire de la grande tragédienne. « Les meubles et les objets qui sont exposés n'appartenaient pas à Sarah Bernhardt, explique Isabelle Boullard responsable du site. Un muséographe s'est chargé, à partir de photos d'époque, de reconstituer l'intérieur. Seuls les vêtements exposés, donnés par la famille, ont réellement appartenu à la comédienne ». Le résultat, d'une grande fidélité, est étonnant.

 

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